Plex & multilogement

Humidité dans les duplex et triplex à Montréal : causes et solutions

Par Giacomo Ciavaglia · 26 mars 2026 · 8 min de lecture

Le duplex et le triplex sont les piliers du parc immobilier montréalais. Que ce soit pour y habiter, y loger des proches ou en tirer des revenus locatifs, les plex représentent un investissement majeur. Mais ces bâtiments multilogements présentent des vulnérabilités spécifiques en matière d'humidité qui les distinguent des maisons unifamiliales. Les murs mitoyens, la plomberie empilée verticalement, les toits plats et les sous-sols souvent négligés créent un cocktail de conditions propices aux problèmes d'humidité. Après avoir inspecté des centaines de plex à Montréal, voici ce que nous observons le plus fréquemment.

Le sous-sol : le talon d'Achille du plex

Dans un duplex ou un triplex, le sous-sol est souvent le logement le moins désirable et, par conséquent, le plus négligé. Pourtant, c'est là que les problèmes d'humidité commencent et que leurs conséquences sont les plus graves.

Infiltrations par la fondation

La majorité des plex montréalais ont été construits entre 1900 et 1960, avec des fondations en pierre ou en béton non coffré. Ces fondations sont rarement étanches. L'eau s'infiltre par les joints de mortier dégradés, les fissures dans le béton et les joints entre la fondation et la dalle de plancher. Le problème est amplifié dans les plex par la densité du bâti : les bâtiments sont serrés les uns contre les autres, le terrain est souvent asphalté ou bétonné (cours arrière, trottoirs, stationnements), ce qui dirige l'eau de ruissellement directement vers les fondations au lieu de la laisser s'infiltrer naturellement dans le sol.

Ventilation inadéquate du sous-sol

Beaucoup de sous-sols de plex n'ont pas d'échangeur d'air dédié. L'air humide reste stagnant, le taux d'humidité grimpe et la condensation s'installe sur les surfaces froides (murs de fondation, tuyaux d'eau froide, dalle de béton). Un taux d'humidité relative supérieur à 60 % dans un sous-sol de plex est une invitation directe à la moisissure. Et comme le sous-sol communique avec les étages supérieurs par les cages d'escalier, les gaines de plomberie et les ouvertures dans les planchers, l'air humide et les spores de moisissure migrent vers les logements au-dessus.

Les murs mitoyens : un problème invisible

Les murs mitoyens — ces murs que votre plex partage avec le bâtiment voisin — sont une source d'humidité souvent méconnue. Dans les constructions anciennes, ces murs sont généralement en brique double sans pare-vapeur ni isolant. L'espace entre les deux rangées de briques (le vide d'air) peut devenir un conduit pour l'humidité ascendante (remontée capillaire) et les infiltrations d'eau.

Les signes d'humidité dans un mur mitoyen incluent :

  • Peinture qui bulle ou s'écaille — Particulièrement au rez-de-chaussée et au sous-sol, là où la remontée capillaire est la plus active.
  • Efflorescence blanche sur la brique intérieure — Des dépôts salins qui indiquent que l'eau traverse le mur.
  • Moisissure derrière les meubles — Les meubles placés contre un mur mitoyen empêchent la circulation d'air et créent un microclimat humide propice à la moisissure.
  • Odeur de moisi persistante — Surtout dans les pièces qui donnent sur le mur mitoyen.
Le saviez-vous ?
Dans un plex montréalais typique, le mur mitoyen peut mesurer plus de 30 pieds de haut sur 40 pieds de profondeur — c'est une surface considérable en contact direct avec le bâtiment voisin. Si le voisin a des problèmes de toiture, de gouttières ou de drainage, l'humidité peut migrer à travers le mur mitoyen et affecter votre côté. C'est un facteur que de nombreux acheteurs négligent lors de l'inspection d'un multiplex.

La plomberie empilée : fuites en cascade

Dans un plex, la plomberie est empilée verticalement : la cuisine et la salle de bain de chaque étage sont alignées les unes au-dessus des autres, desservies par des colonnes montantes communes. Cette configuration est efficace pour la construction, mais elle amplifie les conséquences de toute fuite.

  • Fuites de drains en fonte — Les tuyaux de drainage en fonte, communs dans les plex d'avant 1970, se corrodent de l'intérieur. Une fuite au troisième étage peut causer des dégâts d'eau aux deux logements inférieurs avant d'être détectée. Consultez notre article sur les drains en fonte à Montréal pour plus de détails.
  • Fuites aux joints de tuyaux — Les joints entre les sections de tuyaux (surtout les joints de plomb dans les anciennes installations) se détériorent avec le temps et commencent à suinter.
  • Condensation sur les tuyaux d'eau froide — Les colonnes d'eau froide qui traversent les logements produisent de la condensation en été, mouillant les murs et les plafonds environnants.
  • Remontée d'odeurs — Un siphon asséché ou un tuyau d'évent bouché dans un logement vacant permet aux gaz d'égout de remonter dans les autres logements.

Le toit plat : infiltrations par le haut

Le toit plat est omniprésent sur les plex montréalais, et ses problèmes ont un impact direct sur le logement du dernier étage. Les infiltrations par le toit sont la cause numéro un de dégâts d'eau au plafond et aux murs du logement supérieur. Elles se manifestent par des taches d'eau au plafond (souvent circulaires et jaunâtres), de la peinture qui bulle, de la moisissure dans les coins du plafond, et parfois des gouttes actives lors de pluies intenses ou de la fonte des neiges.

Le propriétaire d'un plex doit porter une attention particulière à l'état de la membrane, des solins, du système de drainage et de la ventilation de l'entretoit. Un entretien préventif régulier est beaucoup moins coûteux que les réparations après dégât d'eau. Notre article sur les problèmes de toit plat à Montréal couvre ce sujet en profondeur.

La ventilation : le défi des logements empilés

La gestion de l'humidité dans un plex est compliquée par le fait que chaque logement génère sa propre humidité (douches, cuisine, respiration des occupants, séchage de vêtements) et que cette humidité peut migrer entre les étages. Les problèmes de ventilation les plus fréquents dans les plex sont :

  • Absence d'échangeur d'air — Beaucoup de plex anciens n'ont pas de ventilation mécanique. Les occupants comptent sur l'ouverture des fenêtres, ce qui est insuffisant en hiver.
  • Ventilateurs de salle de bain inefficaces — Ventilateurs sous-dimensionnés, conduits trop longs ou mal installés, ou évacuation dans l'entretoit plutôt qu'à l'extérieur.
  • Effet cheminée (stack effect) — Dans un bâtiment de trois étages, l'air chaud monte naturellement. En hiver, cet air chaud et humide est poussé vers le haut du bâtiment, où il se condense dans l'entretoit froid, causant de la condensation et potentiellement de la moisissure sur la face inférieure du pontage de toit.
  • Manque d'isolation entre les étages — Les plex anciens ont souvent peu ou pas d'isolation entre les logements, ce qui facilite le transfert d'humidité et de chaleur d'un étage à l'autre.

Solutions et prévention

Gérer l'humidité dans un plex demande une approche globale qui tient compte de l'interaction entre tous les étages :

  1. Installez une ventilation adéquate — Chaque logement devrait avoir un échangeur d'air (VRC ou VRE) ou, au minimum, des ventilateurs d'extraction fonctionnels dans la salle de bain et la cuisine, évacuant directement à l'extérieur.
  2. Corrigez le drainage extérieur — Assurez-vous que le terrain, les gouttières et les descentes pluviales dirigent l'eau loin de la fondation. Dans un plex en rangée, cela peut nécessiter de coordonner avec les voisins.
  3. Surveillez l'humidité au sous-sol — Installez un hygromètre et maintenez le taux sous 60 %. Utilisez un déshumidificateur en été. Assurez-vous que le sous-sol est minimalement ventilé.
  4. Entretenez la plomberie — Faites inspecter les tuyaux en fonte si votre plex date d'avant 1970. Remplacez les sections corrodées avant qu'elles ne fuient.
  5. Entretenez le toit — Nettoyez les drains de toit deux fois par an, inspectez la membrane visuellement et faites effectuer un entretien professionnel régulièrement.
  6. Isolez et scellez — Améliorez l'isolation de l'entretoit pour réduire la condensation et l'effet cheminée. Scellez les pénétrations (tuyaux, conduits, prises électriques) entre les étages.

L'inspection de multiplex : une nécessité absolue

L'achat d'un plex est un investissement important, souvent de plusieurs centaines de milliers de dollars. Les problèmes d'humidité non détectés peuvent entraîner des coûts de réparation majeurs et affecter la santé des locataires, ce qui peut mener à des problèmes juridiques et à une perte de revenus locatifs.

Lors d'une inspection de multiplex, nous vérifions systématiquement tous les facteurs d'humidité décrits dans cet article : fondation, sous-sol, murs mitoyens, plomberie, ventilation et toiture. Notre caméra thermique FLIR nous permet de détecter les zones d'humidité cachées dans les murs, les plafonds et les planchers sans avoir à ouvrir quoi que ce soit. C'est un outil indispensable pour évaluer l'état réel d'un plex montréalais.

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